Ne m'attends pas.

Du creux des vagues au fond des ports.

02 octobre 2010

Que me fiche d'attendre ! Je serais toujours là !

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28 novembre 2008

Quand vient la nuit.

C'est une misérable cantatrice qui s'est cachée ce soir à l'arrière du bateau. Elle n'a pas grand chose d'autre que ses mains dans ses poches, elle les enduit de crème toutes les quarante-trois minutes. C'est une femme misérable dont un homme disait autrefois elle a les yeux d'une cantatrice, la femme en attendant s'est trouvée recroquevillée à l'arrière du bateau, elle ne sait pas chanter ce soir les marins indiscrets la regardent tanguer sur ces mains qui se cognent l'une à l'autre comme des notes de musique mal balayées.

Cette misère se lit dans ce qu'il reste de ses yeux c'était un choix, celui d'appartenir à des fantômes à cet homme qui la disait cantatrice parce qu'il ne la regardait pas vraiment. Il y a toujours le capitaine et ses minutes personnelles le capitaine n'a jamais réussi à décompter toute une minute une minute entière de perplexité, c'est un capitaine ce n'est pas un fantôme ce soir à l'arrière du bateau, il regarde. La fausse cantatrice se sait misérable et fragmentée, elle se sait obnubilée par les quarante-trois minutes suivantes et c'est sûrement l'explication du sourire affolé que parviennent parfois à dessiner ses lèvres.

Elle s'est cachée ce soir à l'arrière du premier bateau de la file et c'est pour ensevelir le silence qu'elle prend soin de ses mains détraquées, à l'abri d'une lumière qui meurt qui mourra sous peu, se dit-elle. Les marins lui murmurent enjôleurs de vieux récits abrupts et misérables eux aussi, les marins ne la regardent pas mais cette fois-ci elle le sait, la misérable cantatrice n'est qu'un personnage de plus sur un bateau qui ne fait que passer.

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04 novembre 2008

L'atmosphère et l'effroi.

Parlons du froid, parfois, celui qui m'habille de soubresauts et qui ne nous ment pas, parfois. Ici j'ai froid juste parfois juste un sursaut de temps en temps parlons du bleu royal de l'atmosphère habille-toi de ce froid-là. Ils vont tous croire à de vagues outils façon décharges électriques entre deux mers ils auront tort, ici parfois c'est juste froidement insolent.

Qui parle de mensonges qui parle d'à peu près je te confie les trois degrés restants histoire d'écouter en deux temps le bruit de la pluie sur les vagues, paraît que c'est redondant comme musique mais tu sais c'est juste magistral, plus rien à voir avec le froid celui qui, parfois. On m'imaginera maquillée d'un sourire figé mais je n'ai pas froid jusqu'à eux, jusqu'à ces sourires inexistants que ramassent souvent en hiver les jeunes filles qu'on a désincarnées. Je n'en suis pas, c'est un outil vaguement électrifié qui ne sera nocif que pour le froid ambiant et, magistral. Deux fois.

Je ne fige pas mes sourires je les orchestre, il y a les navires instables qui se succèdent sous nos pieds, les navires que personne n'a cru bon de nommer, ils se succèdent il transportent le froid, le mien, le tien, la glace surtout. Ils n'ont pas de noms ce  sont des chapitres sans titre ces navires-là tu les dirais abandonnés évidemment et, personne ne leur a apposé la moindre syllabe je les dirais soupirs, alors. Des soupirs électrifiés. Mais dans ce froid, dans ce froid-là, on croirait bien que je me glace sur des aveux statiques et consciencieux, de quelles comptines pensez-vous parler, vous, au juste, non ne soyez pas dupes les mains des filles désincarnées qui ramassent leurs larmes ne me font pas trembler.

Le froid égoïste des soubresauts lui c'est un froid de possession, tu sais, il dit tribord ce n'est pas lancinant c'est saccadé, ce sont les flots qui s'agitent qui s'excitent, de quoi éteindre tous les caprices du monde sauf les miens, moi je me couche et je triche sur des bateaux anonymes qui n'en finiront pas de me glacer.

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24 octobre 2008

Le gouvernail a foutu l'camp.

Navigue. Navigue les garanties ont été déchirées, malencontreusement pour sûr, navigue. On voguera les yeux fermés, priant pour que les flots laissent passer quelques souffles, priant notre océan détaxé, assurément, qui laisserait glisser quelques soupirs quelques navires, on voguera. Les yeux fermés pour avaler le vent, fermés pour mieux redessiner les voiles et l'horizon, l'horizon avant tout, les yeux fermés et puis le vent. Navigue. On filera c'est insolent, dos à la mer et méprisants, on ne méprise pas les flots on les invente. Il n'y a pas de lignes, le gouvernail en moins compte sur le vent qui trace et qui se joue de l'insolence. Navigue on ne sait où, le gouvernail a foutu l'camp ferme les yeux, on vogue.

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